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Le tribunal administratif retient les allégations de harcèlement sexuel contre un employé du CISSS de la Gaspésie

today27 avril 2023

Simon Rochefort Photo: Linked in

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Le CISSS de la Gaspésie obtient gain de cause pour avoir enquêté et sanctionné un technicien informatique de Gaspé qui a harcelé sexuellement plusieurs collègues féminines pendant presque 15 ans.

 

Le 30 novembre 2018, une salariée en poste à Maria est placée en arrêt de travail.  À la demande de l’employeur, elle rencontre le médecin-conseil du bureau de santé pour un suivi médical.  Elle évoque lors de l’entretien avoir notamment fait l’objet de harcèlement sexuel de la part du président du Syndicat, Simon Rochefort, alors qu’elle exerçait elle-même des fonctions syndicales. 

 

Le médecin de la travailleuse du CISSS relaie les allégations de sa patiente à divers gestionnaires.  Devant le sérieux de la situation, le directeur des Ressources humaines mandate une firme externe pour enquêter.

 

Cette enquête révélera que Simon Rochefort a eu, à plusieurs reprises, des paroles et des gestes inappropriés.  7 femmes ont témoigné avoir été victimes des agissements du président du Syndicat.  Parfois des remarques à caractère sexuel en personne, en texto, des empoignades par derrière et serrement par la taille lors d’activités syndicales, des massages.  Le tout s’est étalé de 2004 jusqu’à l’enquête.  Le CISSS a suspendu sans salaire Simon Rochefort pendant trois mois à la conclusion de l’enquête.

 

Devant les griefs syndicaux, le tribunal administratif du travail conclut que les allégations de harcèlement sexuel étaient fondées.  Et que mêmes si beaucoup de ces gestes se sont produits lors d’activités syndicales, en dehors de ses propres établissements, le CISSS a eu raison d’intervenir, tranche aussi le tribunal.

 

La preuve démontre que, la CSN a limité les plaignantes dans leurs canaux possibles de dénonciation pour protéger la réputation et les intérêts de l’organisation syndicale.

 

Elles ont même été sensibilisées dans le détour par le Syndicat et la FSSS au fait qu’elles s’exposaient à des poursuites judiciaires si elles continuaient à véhiculer leurs allégations. 

 

Le Syndicat du personnel de bureau du CISSS de la Gaspésie, affilié à la CSN, a défendu le président du syndicat du personnel de bureau pendant 15 journées en cour en 2022, présentant notamment des témoignages de femmes qui racontaient n’avoir aucun problème avec le représentant.

 

Jusqu’à tout récemment, Simon Rochefort siégeait à la table de négociations nationale.  

 

Hier soir, la FSSS a acquiescé expressément à notre demande d’entrevue. 

Le président de la Fédération de la Santé et des Services sociaux-CSN, Réjean Leclerc, assure que le représentant a été relevé de toutes ses fonctions syndicales.  Réjean Leclerc promet que les politiques sur le harcèlement changeront au sein des syndicats locaux et des instances nationales :

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Encore le 8 mars dernier, lors d’une grande manifestation de la CSN à Montréal pour la journée des droits des femmes, Simon Rochefort a été amené sur scène pour réclamer l’équité salariale, au nom des agentes administratives, secrétaires, employées de bureau du Québec. 

80 % des membres de la FSSS sont des femmes.  La CSN chapeaute un comité confédéral de la condition féminine qui lutte, notamment, contre le harcèlement en milieu de travail.

 

Le vice-président de la FSSS de la Gaspésie-les Îles, Kent Denis, a témoigné aux audiences de la cour et collaboré à l’enquête du CISSS mais préfère ne pas commenter.  La preuve admise relate qu’il a dû s’expliquer à son syndicat après avoir répondu aux questions de la firme externe et exhiber la copie de sa déclaration.

 

            Le CISSS de la Gaspésie a limité ses commentaires à une citation écrite.  L’établissement mentionne que le cisss accorde une grande importance à la civilité et la présence d’un milieu de travail sein, exempt de harcèlement.  «Nous  prenons les actions conséquentes pour y arriver», a transmis comme message le responsable des communications.

 

 

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